VOUS VENEZ DE LIRE CES MOTS

Ces mots-là et uniquement ceux-là, avant que votre attention ne se porte sur cette ligne nouvelle, sur ces signes que vous découvrez à présent, ponctués, hésitants, tendus vers un point que vous ne fixez pas encore.

« Vous venez de lire ces mots » : une formule qui oblige, comme pour mieux saper – en feignant de l’illustrer - le procès en communication si souvent intenté contre le www. Une formule paravent pour repousser un peu plus loin le palet des suppositions : et ces mots que vous venez de lire, que sont-ils ? Avant de s’interroger sur le statut des revues électroniques, a-t-on bien observé les déplacements de sens permanents qui s’opèrent dans la sphère télématique ? Parallèlement aux débats houleux sur l'économie des supports, il est bon de rappeler la part irréductible d’incertitude et de contingence mise en œuvre dans tout projet électronique.

Irrationnel, molletonné, souvent accidentel, jamais vraiment volontaire, le tourguenisme.
Vous n'y croyez pas, pourtant, nous non plus.
Proverbe tourgueniste.


Voilà la supercherie établie. Un aveu qui plaira aux raisonneurs, trop heureux de débusquer le mirage. Hahaha. Quelles que soient les formats empruntés par les éditeurs en ligne – webzine, revue de création, weblog, espace communautaire, liste de diffusion… - la question de la forme (Gestalt) reste entière. Les mots que vous lirez ici, selon qu’ils seront implicitement ou explicitement connectés (hypertextualisés, contextualisés, imagés…) pourront être entendus de mille façons. Il n’est nul besoin de croire. C’est une divagation. C’est un rêve. Un vrai.

 

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