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Panoplie
Interview de Elisabeth Klimoff
1 / Avalanche introductive
: qui êtes-vous ? comment est née l'idée
de ce site ?
Nous sommes une équipe d'artistes, d'historiens d'art,
de webdesigners, de chercheurs et d'explorateurs de toutes
les nouvelles formes de création et d'écriture.
Une équipe de trois permanents travaillent sur le contenu
et la création.
Pour la petite histoire, l'association Panoplie a été
créée en 1989, pour mettre en place des projets
de sensibilisation, de création et de diffusion dans
le champ de l'art contemporain en partenariat avec le Ministère
de la Culture et de la communication, le Conseil Général
de l'Hérault, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon
et la Ville de Montpellier.
En 1998 l'association Panoplie a décidé d'explorer
le champ du multimédia, et d'élaborer une véritable
écriture interactive qui n'ait sa place que sur Internet,
un médium qui apparaît naturellement conçu
à restituer le monde contemporain dans sa complexité.
Le site www.panoplie.org a vu le jour en janvier 1999. Le
logiciel Flash donnait la possibilité d'un contenu
dynamique et multimédia, internet offrait la possibilité
d'une publication gratuite à l'échelle mondiale.
L'idée de reconstituer une galerie virtuelle paraissait
obsolète, les créateurs sont aujourd'hui à
la fois des théoriciens, ils écrivent, ils filment,
ils se nourrissent d'influences diverses, télévision,
cinéma, il fallait donc trouver un support qui permette
de réconcilier le fond et la forme, sans imiter la
télévision ou la presse écrite, mettre
en place une nouvelle forme d'écriture.
2 / Dans quel cadre situez-vous
votre activité, professionnel, amateur ?
Bien que professionnels de l'art contemporain et du multimédia
nous essayons de garder des yeux neufs et ouverts sur le monde
et sur les nouvelles formes de création.
3 / Dans votre domaine d'investigation,
quel espace laissé vacant ou mal exploré le
site est-il censé occuper ?
La revue www.panoplie.org fonctionne aujourd'hui comme un
espace de création et d'expression, un laboratoire.
Une revue comme lieu d'interrogation et de prospection, riche
en regards sur le monde.
4 / Quel est l'article ou le
projet dont vous êtes le plus fier et/ou celui qui a
été le plus consulté sur votre site ?
Difficile de répondre à cette question, disons
que ce dont nous sommes le plus fiers ce sont ces moments
de complicité que nous arrivons à créer
avec les personnalités et les artistes invités,
sans qui la revue ne serait pas ce qu'elle est.
5 / Que pensez-vous du web francophone
? Avez-vous l'impression d'appartenir à un réseau
numérique artistique, français ou international
?
Nous sommes attentifs à la création contemporaine
en général et souhaitons garder cette ouverture.
Ce qui compte c'est l'interface que représente le réseau
numérique artistique et toutes les idées et
formes différentes qui en jaillissent. La particularité
d'internet réside justement dans l'appartenance à
un réseau, un espace fluide, où les notions
de limites, de frontières et de disciplines n'ont pas
vraiment de sens. Nous suivons bien sûr de très
prêt ce qui se passe sur internet.
6 / Qu'est-ce qui, selon vous,
distingue spécifiquement internet des autres médias
(possibilités multimédia, transmission instantanée
de l'information, interactivité, atouts d'une diffusion
affranchie de toute frontière linguistique, culturelle
ou physique) ?
Dans le domaine de la création et de la recherche nous
essayons d'explorer toutes les spécificités
d'Internet en sachant que nous n'en avons exploré qu'une
infime partie pour l'instant. L'idée est de faire en
sorte que les propositions soient les plus dynamiques et qu'elles
soient accessibles au plus large public. Pour certaines propositions
nous travaillerons davantage l'interactivité, pour
d'autres l'aspect multimédia. Il s'agit avant tout
de rester le plus proche possible des contenus apportés
par les invités et ne jamais faire passer la technologie
avant l'humain. L'être humain, la création sous
toutes ses formes restent au centre de notre projet.
Nous reconnaissons néanmoins notre intérêt
particulier pour l'interactivité, (navigationnelle,
ludique,
) et l'implication qu'elle occasionne pour
l'internaute dans le récit qu'il construit lors de
sa consultation.
7 / Y a-t-il selon vous une
spécificité autre des créations en ligne,
impliquant par exemple une mutation essentielle du sens ou
de la relation de l'individu à son environnement ?
Qu'est-ce que le virtuel, existe-t-il ?
La première spécifité d'internet se trouve
dans le nouvel espace qu'elle occupe, un espace d'abord de
communication, d'échange et de présentation
direct. La création s'ouvre ainsi à un nouveau
public, loin des galeries et des institutions, s'inscrivant
dans le temps présent et dans l'éphémère.
En choisissant lui-même les rubriques, en profitant
de différents médias (son, vidéo, images,
texte) et l'immersion qu'ils génèrent, l'utilisateur
a généralement un rapport plus fort et plus
personnel avec une création en ligne.
La seconde spécificité se trouve dans la possibilité
de créer un nouveau langage dynamique, complémentaire
aux média existants.
8 / A quelles attentes auxquelles
des publications papier ne peuvent pas répondre considérez-vous
que les revues électroniques satisfassent ? Dans votre
domaine de réflexion, la publication en ligne est-elle
valorisée ?
La possibilité pour les internautes d'interagir, de
s'exprimer et de créer une publication collective et
en temps réel (forums,
) est spécifique
aux revues électroniques, de plus le web permet une
souplesse et une vitesse dans la publication auxquelles le
papier ne peut répondre.
De plus, le multimédia et les possibilités des
récentes technologies (flash,..) permettent de créer
des univers ludiques, poétiques et accessibles.
9 / Revue électronique et revue traditionnelle : hétérogénéité
et complémentarité des deux supports ?
Les revues, qu'elles soient électroniques ou traditionnelles,
sont souvent des lieux où l'on peut s'essayer à
des projets particuliers où la question de l'écriture
quelle qu'elle soit est fondamentale.
Un des points forts d'un support numérique est sa facilité
pour l'archivage et le classement qui donne l'occasion d'aller
consulter directement (sous réserve d'une conception
pertinente) des articles des anciens numéros chose
s'avérant difficile lorsqu'on recherche un vieil article
dans un tas de 50 numéros de sa revue favorite.
10 / Qu'en est-il aujourd'hui
du rapport de force entre web marchand et web citoyen, maintenant
que la manne de la nouvelle économie s'est tarie ;
quel regard - optimiste ou pessimiste - portez-vous le développement
futur du réseau internet ?
Aujourd'hui, le web marchand est omniprésent et dispose
de moyens colossaux, mais les initiatives citoyennes de plus
en plus fréquentes et la facilité de fonctionnement
en réseau émanant d'Internet laissent augurer
plus d'activités. Internet permet le feedback, et donc
la participation de chaque citoyen, chose que les médias
traditionnels ne font pas.
11 / Existe-t-il selon vous
un modèle de développement durable pour le net
culturel ou le netart ? Pensez-vous qu'il faille que les revues
électroniques bénéficient comme l'édition
traditionnelle, la presse ou les autres domaines artistiques,
d'aides sous la forme de subventions, de mécénat
? Ou tout leur intérêt réside-t-il dans
leur indépendance et leur fugacité ?
La création internet en est à ses tous débuts.
Nous en sommes encore à défendre l'existence
d'Internet à la fois comme nouvel outil et nouvel espace
de création. Pour notre part il est très important
d'avoir des aides publics ou privées, car nous nous
revendiquons comme une structure de recherche. Nous souhaiterions
mettre en place des résidences de façon à
travailler le plus possible en étroite collaboration
avec les artistes et les personnalités invitées,
réfléchir ensemble à la question de l'écriture
et continuer à être une des vitrines de la création
en train de se faire.
Dans cette dynamique, cela permet à l'association d'organiser
des rencontres publiques et des ateliers de création
autour des nouvelles écritures en étroite collaboration
avec des médiathèques et les Espaces Cultures
Multimédia de la région Languedoc-Roussillon.
12 / Qu'attendez-vous de votre présence au Salon de
la revue (en terme de contacts, de collaborations, de synergies
électroniques) ?
Notre travail étant basé sur l'échange,
le salon sera l'occasion d'établir de nouveaux contacts
qui enrichiront sans aucun doute notre réflexion.
13 / Question subsidiaire :
les cinq sites sans lesquels le web ne serait plus le web
?
Impossible de répondre à cette question, trop
content de la multiplicité des propositions offertes
par la toile
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du site Panoplie
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