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Synesthésie
Interview d'Anne-Marie Morice

1 / Avalanche introductive : qui êtes-vous ? quelle est la ligne éditoriale de votre publication ? comment est née l'idée de ce site ?

Synesthésie est un portail d'art contemporain qui comprend un agenda international des expositions, un centre d'art virtuel et une revue en ligne éditée deux fois par an. Le site se veut aussi un bien un lieu de visibilité pour les artistes qu'un outil à l'usage des internautes amateurs d'art contemporain. Nous essayons de révéler les interconnections entre la production artistique actuelle et les évolutions que connaît notre société. Lorsqu'est né Synesthésie en 1995, l'internet français n'en était qu'à ces premiers balbutiements et pourtant nous pressentions le potentiel aussi bien médiatique qu'artistique de ce nouveau support de communication.

2 / Dans quel cadre situez-vous votre activité, professionnel, amateur ?

Synesthésie est certes une association type loi de 1901, elle n'en demeure pas moins un générateur d'emplois puisque son fonctionnement a pu permettre la mise en place d'emplois fixes. A ce titre, Synesthésie se place donc plus dans l'axe professionnel.

3 / Dans votre domaine d'investigation, quel espace laissé vacant ou mal exploré le site est-il censé occuper ?


Dans le paysage numérique français, même si une certaine diversité s'est développée, manquait un outil qui allie lieu d'expression sur les théories esthétiques actuelles, espace d'exposition de formes de création contemporaines et un guide de l'actualité artistique internationale.

4 / Quel est l'article ou le projet dont vous êtes le plus fier et/ou celui qui a été le plus consulté sur votre site ?

Par respect des libertés individuelles et de l'internaute, Synesthésie se refuse à analyser les statistiques en provenance de la base de données. Mais nous sommes en mesure d'identifier (en moyenne) 7000 visiteurs uniques par mois et environ 200000 hits.

5 / Que pensez-vous du web francophone ? Avez-vous l'impression d'appartenir à un réseau numérique artistique, français ou international ?

Les deux.

6 / Qu'est-ce qui, selon vous, distingue spécifiquement internet des autres médias (possibilités multimédia, transmission instantanée de l'information, interactivité, atouts d'une diffusion affranchie de toute frontière linguistique, culturelle ou physique) ?

Pour toutes ces raisons, internet est un outil novateur en adéquation avec les besoins d'une société en mutation.

7 / Y a-t-il selon vous une spécificité autre des créations en ligne, impliquant par exemple une mutation essentielle du sens ou de la relation de l'individu à son environnement ? Qu'est-ce que le virtuel, existe-t-il ?

Nous présentons sur le site des œuvres processuelles, de forme instable et soumises aux spécificités du réseau numérique ; leur conception ne peut être dissociée de leur mode de présentation-diffusion.

8 / A quelles attentes auxquelles des publications papier ne peuvent pas répondre considérez-vous que les revues électroniques satisfassent ? Dans votre domaine de réflexion, la publication en ligne est-elle valorisée ?

La possibilité de présenter plusieurs média, de créer une scénographie qui tient compte de l'espace et du temps nous permet de faire coexister des textes, des créations et ce contenu est toujours consultable à la différence des modes de diffusion limitée des supports traditionnels.


9/ Revue électronique et revue traditionnelle : hétérogénéité et complémentarité des deux supports ?

La lecture de textes sur papier est certainement plus ergonomique et plus agréable et nous en tenons compte dans notre mise en page, les textes peuvent être imprimés.

10 / Qu'en est-il aujourd'hui du rapport de force entre web marchand et web citoyen, maintenant que la manne de la nouvelle économie s'est tarie ; quel regard - optimiste ou pessimiste - portez-vous le développement futur du réseau internet ?

On se rend de plus en plus compte qu'avec la chute de la nouvelle économie, celle-ci est soumise aux même règles que les secteurs traditionnels. Et par analogie, il nous semble que le fonctionnement du système marchand s'applique aussi réseau. Cependant il y a toujours eu des initiatives divergentes ou très ciblées qui ont réussi à s'imposer tout en ne correspondant pas aux critères du marketing de masse.

11 / Existe-t-il selon vous un modèle de développement durable pour le net culturel ou le netart ? Pensez-vous qu'il faille que les revues électroniques bénéficient comme l'édition traditionnelle, la presse ou les autres domaines artistiques, d'aides sous la forme de subventions, de mécénat ? Ou tout leur intérêt réside-t-il dans leur indépendance et leur fugacité ?

Si l'on observe le modèle japonais, celui-ci révèle que le monde de l'art et plus particulièrement son fonctionnement sont basés sur les investissements de capitaux privés ; alors que le système économique de l'art en France est massivement soutenu par les fonds publics.
L'économie de Synesthésie, pour l'instant, repose sur des aides publiques qui nous permettent d'offrir des moyens de production et de diffusion à des artistes, des critiques d'art et des théoriciens dans une liberté " quasi idéale ".

12 / Qu'attendez-vous de votre présence au Salon de la revue (en terme de contacts, de collaborations, de synergies électroniques) ?

Nous espérons nous faire connaître auprès d'un public plus large et aussi échanger nos expériences d'acteur du web.

> Les cinq sites sans lesquels le web ne serait plus le web :
- Synesthésie ;-) , bien sûr
- The thing
- Google
- Kazaa
- Rtmark

> Description du site Synesthésie

 

 

 
Premières rencontres de la revue électronique - 12ème Salon de la Revue - 19 & 20 octobre 2002 - Espace des Blancs Manteaux
48, rue Vieille du Temple - 75004 Paris - Entrée libre